Un bon salaire ne dit pas grand-chose de la date à laquelle vous pourrez lever le pied. Ce qui la détermine, c’est le plan construit autour. Voilà comment nous posons le sujet avec les frontaliers que nous accompagnons.
Ce que nous entendons en rendez-vous
Nous pouvons recevoir des frontaliers qui gagnent très bien leur vie, entre 80 000 et 150 000 CHF par an, parfois davantage.
Quand nous leur demandons à quel âge ils pourraient arrêter de travailler s’ils le voulaient, la réponse est presque toujours la même : ils n’en savent rien. Personne ne leur a jamais posé la question, et eux ne se la sont jamais posée avec un papier et un stylo.
Augmenter ses revenus, beaucoup y sont arrivés. Savoir où ces revenus les mènent, c’est nettement plus rare.
Le salaire explique moins de choses qu’on ne croit
Il existe une équation dans beaucoup de têtes. Bon salaire égale sécurité. Carrière solide égale retraite confortable. Années supplémentaires égalent patrimoine supplémentaire. Elle résiste mal à l’épreuve des chiffres.
Nous suivons des foyers au-delà de 100 000 CHF par an qui n’ont aucune marge pour réduire leur activité avant 65 ans. Nous en suivons d’autres, avec des revenus nettement plus modestes, qui peuvent sérieusement envisager 55 ans.
Entre les deux, l’écart vient rarement du salaire. Il vient de ce qui a été fait de ce salaire, année après année.
La question à se poser
Presque tout le monde commence par la même interrogation : combien faut-il avoir pour partir à la retraite ? Ce qu’on attend en retour, c’est un montant global, souvent entendu quelque part, rarement calculé.
La question plus utile porte sur les dépenses. Combien vous faut-il chaque mois pour vivre comme vous vivez aujourd’hui, ou comme vous aimeriez vivre demain ?
Un foyer à 3 000 € par mois vise 36 000 € par an. À partir de là, le sujet devient concret : quelle part de ces 36 000 € peut venir d’ailleurs que du travail ? Placements financiers, immobilier locatif, épargne retraite, revenus complémentaires, chaque brique remplace un morceau du salaire. Le jour où l’ensemble couvre le niveau de vie, travailler devient un choix.
Trois erreurs que nous voyons revenir
Tout attendre de la prévoyance
Premier pilier, deuxième pilier, parfois un troisième. Beaucoup de frontaliers considèrent que la question de leur retraite est déjà réglée par ces dispositifs.
Ils constituent une base solide et personne ne conseillerait de s’en passer. Mais ils sont pensés pour un départ à l’âge légal. Partir plus tôt suppose d’avoir construit autre chose à côté.
Empiler les placements sans fil conducteur
Un appartement loué, une assurance-vie ouverte il y a quinze ans, un compte titres, deux ou trois produits pris au fil des rencontres.
Chaque décision était défendable au moment où elle a été prise. Mises bout à bout, elles ne forment pas forcément un patrimoine cohérent, et cette cohérence pèse souvent plus lourd sur le résultat final que la qualité d’un placement pris isolément.
Attendre le bon moment
Quand les enfants seront grands. Quand le crédit sera soldé. Quand l’augmentation sera tombée.
Nous entendons ces phrases à 35 ans comme à 55 ans, et le bon moment n’arrive jamais tout seul. Les années d’avance comptent souvent davantage que les montants : commencer tôt avec des sommes modestes produit généralement plus qu’attendre d’avoir de quoi faire les choses en grand.
Ce qu’on met dans un plan
Chiffrer l’objectif
Tant que le niveau de dépenses réel n’est pas posé, aucun objectif patrimonial ne tient debout. C’est le premier travail que nous faisons en rendez-vous, et c’est souvent celui qui surprend le plus. Beaucoup de foyers découvrent leur vrai budget à ce moment-là.
Regarder son taux d’épargne avant son salaire
Ce qui reste à la fin du mois pèse plus lourd que ce qui tombe au début. Un foyer qui met de côté un quart de ses revenus avance plus vite qu’un foyer qui décroche une augmentation et l’absorbe entièrement dans son train de vie.
Investir régulièrement, et longtemps
Personne ne prévoit les marchés de façon fiable. En revanche, tenir un versement régulier pendant quinze ou vingt ans reste à la portée de la plupart des foyers, et c’est ce qui fait l’essentiel du résultat.
Utiliser les leviers propres à la situation frontalière
Placements, immobilier, prévoyance, fiscalité, articulation entre les deux pays : les combinaisons possibles dépendent de chaque situation. Un frontalier ne dispose pas des mêmes outils qu’un salarié français, et c’est précisément pour cette raison qu’un plan tout fait trouvé en ligne lui correspond rarement.
Ce que font ceux qui y arrivent
Ceux qui parviennent à avancer la date ont rarement déniché un placement extraordinaire. Ils ont mis en place quelque chose de simple et ils s’y sont tenus pendant dix ou vingt ans.
Ils connaissent leur objectif, ils savent ce qu’ils mettent de côté chaque mois, et ils ont arrêté d’attendre de se sentir prêts pour commencer.
Une question pour finir
Si rien ne change dans votre trajectoire actuelle, à quel âge pourrez-vous arrêter de travailler ?
Si la réponse ne vient pas tout de suite, elle se calcule. C’est même assez rapide une fois les bons éléments réunis, et le résultat surprend souvent, dans un sens comme dans l’autre.
Vous êtes frontalier et vous voulez connaître votre date ?
Chez JMS Conseil, à Colmar, nous accompagnons les frontaliers dans la construction de leur stratégie patrimoniale. Un premier échange suffit à poser les bonnes questions et à chiffrer votre horizon.
Cet article présente une information générale et ne constitue pas un conseil en investissement personnalisé. Toute stratégie patrimoniale doit être adaptée à votre situation.
